Le CDDEJ

 
 
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Présentation

Le projet

Le Centre de Documentation sur la Déportation des Enfants juifs de Lyon a été créé en 1987 par Claude Ghenassia lors du procès à Lyon de Klaus Barbie. L'association rassemble une documentation pédagogique sur le drame de la Shoah pour la rendre disponible aux élèves, aux enseignants et aux historiens sur la tragédie des enfants juifs et juives persécutés et déportés pendant la période nazie afin que se perpétuer leur mémoire. Le CDDEJ a publié en 1992 « Les lettres de Louise Jacobson », jeune lycéenne emprisonnée à Fresnes, internée à Drancy puis déportée à Auschwitz.

Partant en effet du constat que plus de 288 enfants juifs et juives ont été déportés de Lyon ou de sa région en 1943 et 1944, que des difficultés étaient rencontrées par les enseignants dans l'enseignement de la Shoah (absence de supports pédagogiques adaptés ; histoire lointaine, confuse dans l'esprit des élèves ; négation...), le CDDEJ a entrepris de mettre à disposition des enseignants les histoires individuelles de ces enfants déportés.

C'est ainsi que les membres du CDDEJ ont réuni après 4 années de travail, les documents d'archives des établissements scolaires de l'agglomération lyonnaise (Lyon, Villeurbanne, Saint Fons, Décines), concernant 145 élèves juifs et juives déportés de 1943 à 1944. Les documents complémentaires ont été rassemblés aux archives municipales et départementales ainsi qu'au CDJC et à l'Institut Yad Vashem. De nombreux documents originaux ont été également remis par des témoins. Plus de 473 documents dont 199 originaux ont ainsi été rassemblés et ont permis de reconstituer les fragments de l'histoire de chacun de ces enfants. 

À partir de ce travail, les commémorations de 2005 ont été organisées dans les établissements scolaires à l'occasion du 60ème anniversaire de la Libération des camps.



L'équipe du CDDEJ

Gérard Panczer / Claude Ghenassia / Solange Lévy / Claude Lévy / Sylvie Benamran / Laurence Collet Roth / Chantal de Santis / / Gérard Raphael / Alfred et Odette Lazare / Helga et Ernest Marx / Simone Roubin / Hélène Hodara / Betty Asch / Sylvie Sabbah / Laurent Sciuto / Edith Aron / David Barre / Jacqueline et Maurice Einfeld / Nicole et Paul Elbaz / Maurice Elmalek / Isabelle Kreines / Eva Milgram

L'équipe du CDDEJ témoigne son profond respect et garde en mémoire les noms d'Alfred Lazare, délégué régional du Comité Français pour Yad Vashem, ancien résistant des éclaireurs israélites de France, membre actif et fondateur du CDDEJ, décédé le 12 mai 2005 ; et de Max Jakubowicz, militant humaniste engagé dans le combat contre le racisme et l'antisémitisme dans les rangs de la Licra, membre du CDDEJ, décédé le 19 juillet 2007.

Les recherches

Le CDDEJ a pris l'initiative de ces recherches de mémoire en mai 2003 suite au travail similaire effectué à Paris par les associations d'arrondissements du COMEJD (Conseil National pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés). Pour reconstituer les parcours des 288 enfants juifs et juives déportés, dont les noms ont été relevés dans le Mémorial des enfants juifs déportés (Serge Klarsfeld), les bénévoles du CDDEJ ont mené des recherches dans les 4 communes où elles et ils avaient pu être scolarisés : Lyon, Saint-Fons, Décines et Villeurbanne. Les membres ont, pour ce faire, pu compter sur le soutien du Rectorat et de l'Inspection académique avant de contacter les chefs d'établissements.

Dans un premier temps, elles et ils ont exploré systématiquement les archives des écoles qui fonctionnaient avant 1945, mais bien souvent ce sont des papiers en mauvais état ou mal classés qui étaient découverts. Leurs difficultés étaient nombreuses : il fallait vérifier des registres sans date et/ou déchirés, déchiffrer des calligraphies anciennes à la plume et ne pas confondre les nombreux homonymes. « La difficulté a été de consulter nom par nom l'intégralité des fiches élèves de 1927 à 1945, de relever les noms à consonance juives (ashkénaze, d'Alsace ou d'Europe de l'Est ou sépharades, d'Afrique du Nord ou du bassin méditerranéen) et de les comparer avec la liste du Mémorial de Serge Klarsfeld (comportant la dernière adresse, date et lieu de naissance, date de déportation...) ».

Toutes ces recherches ont été émouvantes tant pour les chercheurs que pour les familles. Ainsi, quelques minutes après avoir trouvé les coordonnées de la sœur de Charles Méchally sur une fiche de témoignage de Yad Vashem, le CDDEJ a pu la contacter, et celle-ci a pu lui leur remettre, des années après, la dernière lettre que son frère avait jetée du train de déportation.
M. Claude Bloch, ancien élève du Lycée La Martinière et ancien déporté survivant est passé par hasard place Carnot le jour de la commémoration de la Shoah. Il remarque avec stupéfaction sa fiche d'élève sur un des panneaux exposés. Il prend immédiatement contact avec la direction du CDDEJ. Il habite en effet toujours à la même adresse qu'en 1944 !

En réalité, beaucoup d'archives de certains établissements avaient été détruites accidentellement ou volontairement (du fait sans doute de leur mauvais état). Il a donc été nécessaire de chercher des documents complémentaires en consultant les Etats civils des mairies, le fonds documentaire de Montluc et en travaillant de concert avec les documentalistes. Grâce à Internet, et notamment aux sites de l'Institut Yad Vashem et du Mémorial de la Shoah, les bénévoles ont pu collecter des fiches de témoignage, des listes de convoi de déportation, des fiches d'internement du camp de Drancy... L'enquête a continué auprès des membres de familles de disparus, d'anciens camarades de classe et auprès des personnes ayant pu les côtoyer à l'époque. Ces témoins précieux ont pu parfois leur remettre des lettres, des photos ou des documents officiels.

Les bénévoles ont, selon leurs mots, effectué un « travail de fourmi», « mais le fait de retrouver le long des trois années de recherche des documents concrets sur les enfants déportés nous a donné le sentiment que ce travail n'était pas vain. Chacun s'est au fur et à mesure attribué les bribes d'histoires de ces enfants. L'esprit du CDDEJ était de restituer une place à ces enfants dans l'histoire de leur ville mais également de rassembler et conserver les documents originaux les concernant, leur histoire individuelle nous éclairant sur la grande Histoire. C'est ainsi que chacun des documents a été numérisé et aujourd'hui mis en ligne. »


Témoignages: Le CDDEJ recherche toute information sur les déportés juifs de Lyon et de la région : >page témoignage

cddej.lyon@gmail.com